Le torcol fourmilier

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Un pic bien particulier : le torcol fourmilier né sous le signe du serpent

 

Ce petit visiteur de l’été nous vient d’Afrique. Il passe la belle saison dans nos vergers. C’est un champion du camouflage. Pouvoir le photographier est un réel défi pour le photographe animalier.

Cet oiseau a plus d’un tour dans son sac. Lorsqu’il se sent menacé, il peut se déguiser en serpent, en tordant son cou (d’où son nom) ou en tirant sa longue langue gluante. Son plumage ressemble, lui aussi, aux écailles d’un serpent. Et, lorsqu’il se trouve sur l’écorce d’un arbre, je vous défie de l’apercevoir. Il faut avoir l’œil bien aiguisé.
Après de longues semaines d’observation, d’écoute, de recueillement d’indices témoins de la nidification de cette espèce, voilà la récompense. Un beau matin, un oiseau se faufilait dans les entrailles d’un vieil arbre fruitier qui, par nature, est approprié à notre oiseau aux allures reptiliennes. Eh oui, cette fois c’est certain, c’est bien là le logis que la femelle torcol a adopté.

Il fallait maintenant trouver un endroit assez distant pour l’observation afin de ne pas déranger la nichée. Pour ce faire, l’installation de l’affût sous les branches d’un buisson est le meilleur plan. De là, le torcol ne peut apercevoir le photographe. Il faut bien sûr travailler avec de longues focales assez lumineuses. L’objectif sigma 120/300 f/2,8  muni d’un multiplicateur 1,4 est bien approprié pour ce sujet.

Quelques jours plus tard, les allées et venues incessantes marquaient la naissance des oisillons. L’appareil photo posé sur pied, bien installé dans l’affût, il n’y avait plus qu’à attendre. En moins de 15 minutes, la récompense était là et le spectacle grandiose.

Notre couple de torcols s’affairait à nourrir les petits en leur apportant des becquées pleines de larves de fourmis recueillies dans les fourmilières des vergers voisins. Les larves de fourmis étaient collées à la langue du torcol. Agrippé au tronc de l’arbre logis, il arrive qu’il se contorsionne de telle manière que son cou s’étire, des attitudes faisant vraiment penser au serpent.

Parfois, il advient qu’un petit ne se développe pas normalement et qu’il meure. Les parents prennent alors soin de l’écarter du nid puis s’affairent à nouveau sans relâche à nourrir la nichée.

Quinze jours plus tard, l’activité a nettement augmenté et depuis les entrailles du vieux tronc, on peut entendre des gazouillis caractéristiques. Eh oui nos petits torcols ont bien grandi et les voilà qui grimpent pour chercher la nourriture que les parents s’affairent à ramener en quantité.

Au fil des jours les petits sont de plus en plus dégourdis et commencent à battre des ailes.

Il apprennent à se servir de leur longue langue gluante pour récupérer quelques fourmis échappées !

Parfois un petit visiteur très intrigué se perche devant l’entrée… Erreur d’adresse ?

Les jours passant, voilà que les petits s’apprêtent à partir explorer le vaste monde qui les entoure. Ils se hissent petit à petit hors de leur cavité logis.

Et le voilà hors du nid…

Un petit battement d’ailes, le départ est imminent!

 

Voici quelques photos des différentes scènes. Cliquez sur les vignettes pour les voir en grand.